Boucle du Hainaut : où en est le projet et quelle est la suite de la procédure ?

Le projet de Boucle du Hainaut, porté par Elia, vise à renforcer le réseau électrique en Wallonie afin de répondre aux besoins croissants en énergie, notamment liés au développement des énergies renouvelables. Pour rappel, ce projet prévoit la construction d’une ligne à haute tension d’environ 84 kilomètres entre Avelgem et Courcelles, traversant plusieurs communes du Hainaut. Ce projet est considéré comme stratégique pour éviter la saturation du réseau électrique à l’horizon 2030.
Depuis plusieurs mois, la Ville du Roeulx s’est mobilisée dans ce dossier afin de défendre les intérêts de ses habitants et de son territoire, en participant aux différentes étapes de la procédure et en faisant valoir une position claire sur les options envisagées.
Dans ce cadre, le Conseil communal du Roeulx s’est prononcé, lors de sa séance du 15 décembre 2025, sur les tracés alternatifs dans le cadre du rapport d’incidences environnementales (RIE). La majorité a adopté une position claire en faveur de l’enfouissement de la ligne électrique, estimant cette option plus respectueuse du cadre de vie et du patrimoine. À défaut, le Conseil a émis un avis défavorable sur les tracés alternatifs proposés, plaidant pour le maintien du tracé initial inscrit au plan de secteur et dénonçant les incertitudes juridiques et urbanistiques qu’impliqueraient de nouveaux tracés. Le Conseil communal a également insisté sur la nécessité d’une concertation étroite avec les autorités locales et d’une plus grande transparence dans la suite de la procédure. Cette décision a été adoptée par 12 voix pour (IC) contre 6 voix contre (Horizons Citoyens).
Dans la continuité de cette implication, la Bourgmestre et l’Échevin de l’Aménagement du Territoire ont participé, le 17 décembre 2025 à Namur, à une réunion d’information organisée à l’initiative des ministres Adrien Dolimont, François Dequesnes et Céline Neven. Cette rencontre visait à faire le point sur l’état d’avancement de la procédure et à informer les autorités locales des prochaines étapes du projet.
La position du Conseil communal a été renforcée lors de la séance du 2 février 2026, au cours de laquelle le Conseil communal a ratifié l’avis rendu par le Collège communal le 21 janvier 2026. Dans cet avis, la Ville du Roeulx réaffirme sa compétence à se prononcer à ce stade de la procédure et adopte une position clairement défavorable au projet tel que présenté, pointant notamment des lacunes méthodologiques et des sous-estimations dans l’étude. Elle s’oppose en particulier au tracé sud, et plus spécifiquement au passage par le village de Mignault, jugé incompatible avec les principes d’aménagement du territoire en raison de ses impacts paysagers, patrimoniaux, agricoles et sur le cadre de vie des habitants. La Ville demande l’abandon des tracés traversants le village de Mignault et que des alternatives moins impactantes soient étudiées en priorité, dans le respect des exigences du Code du Développement Territorial, du principe de précaution et du droit fondamental à un environnement sain. Cette décision a été adoptée par 13 voix pour (IC) contre 5 voix contre (Horizons Citoyens).
Le 20 mars 2026, une étape importante a été franchie avec le dépôt du rapport sur les incidences environnementales (RIE) auprès de l’Administration Wallonne. Réalisé par le bureau d’étude indépendant STRATEC, ce document constitue une base scientifique essentielle pour l’analyse du projet. Il examine notamment les enjeux environnementaux, les différentes possibilités de tracé ainsi que les alternatives technologiques, dont la question de l’enfouissement de la ligne.
Comme l’a rappelé le Ministre de l’Aménagement du Territoire, François Dequesnes : « une analyse doit être portée par l’Administration de l’Aménagement du territoire. Elle portera sur le caractère complet ou non du document complété tel qu'il a été délivré ce 20 mars. »
L’Administration Wallonne (via le SPW) va donc vérifier la complétude du dossier et analyser les impacts et les alternatives proposées. Elle devra également proposer une liste d’instances à consulter. Cette étape n’est pas soumise à un délai fixé.
Le Ministre Desquesnes ayant validé la complétude du dossier, les instances (SWDE, DGTA, Vivaqua, etc.) disposent désormais d’un délai de 60 jours pour remettre leurs observations. Le RIE intègre également les avis rendus par les communes et les commissions consultatives d’aménagement du territoire et de mobilité (CCATM), ainsi que les observations émises lors de la phase d’information préalable.
D’autres consultations pourraient être organisées si nécessaire.
Sur base de cette analyse, le Gouvernement wallon sera amené à se prononcer sur le tracé à retenir ainsi que sur les modalités de mise en œuvre du projet.
Dans la suite de la procédure, une enquête publique sera organisée dans les communes concernées. Celle-ci permettra aux citoyens de consulter le projet et de formuler leurs remarques ou objections. Dans ce cadre, la Ville du Roeulx sera particulièrement attentive à relayer l’information auprès de la population et à accompagner la participation citoyenne.
Si le projet devait être confirmé, une adaptation des plans de secteur sera réalisée pour réserver un corridor destiné à la future ligne.
Enfin, une demande de permis devra être introduite par Elia, accompagnée d’une nouvelle étude d’incidences.
Ce projet suscite un intérêt important, notamment de la part de citoyens et d’associations comme le collectif THT, ni à Mignault, ni ailleurs et Revolht, qui interrogent notamment les choix technologiques et les impacts du projet.
Comme l’a souligné le ministre Desquesnes, il s’agit de prendre une décision « dans les meilleurs délais », tout en garantissant une analyse rigoureuse et complète du dossier.

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